Benoit Giros

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SURVIE

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Survie

DE DENIS LACHAUD

 

Mise en scène

Benoit Giros

 

 

Avec

Sandy Boizard

Louiza Bentoumi

Benoit Di Marco

Charles Zevaco

 

Scénographie

ALEXANDRE DE DARDEL

Collaboration artistique

BAE BIEN-U +

 

Costumes

SARAH LETERRIER

 

Vidéo

ROMAIN VUILLET

Production

Compagnie L’idée du Nord

 

 Contact

Romain Picolet

06 64 89 29 66     /    lideedunord@gmail.com

Une femme marche.

Elle marche par nécessité.

Elle a, dans sa vie, connu un cataclysme.

Elle s'est enfuie pour ne pas mourir. Mais aussi pour ne pas tuer.

Maintenant elle marche dans la forêt et dans sa progression, se pose la question de sa survie. Elle doit se nourrir, boire, s'abriter. Elle doit apprendre le langage de ce monde qu'elle découvre.

Son voyage est rythmé par les difficultés, les rencontres qu'elle fait, celles qui la soutiennent, celles qui la mettent en danger.

Elle est accompagnée par ses souvenirs, les personnages de sa vie, ceux qui l'ont aidée à se construire, ceux qui ont cherché à la dévorer.

La nuit, seule, dans la forêt, sur le chemin, dans le froid.

Qu’est la vie dans ces conditions ? Pourquoi se battre pour elle?

Elle cherche un sens. Quand elle tombe, elle se relève.

Elle a confiance en sa solidité, elle se croit insubmersible.

On cherchera probablement à la dévorer.

Mais on ne l'aura pas vivante. Il faudra l'abattre.

Elle veut croire que la solitude de cette marche la conduit vers la vie.

Entropiquement parlant,

nous sommes en période d’extinction.

l’ensemble des scientifiques

annoncent l’espèce humaine déjà

en période de Survie

Tout ce que tu as connu

tout ce qui t'a entourée depuis que tu es née

quand tu étais une petite fille

là où tu as grandi

tout ce que tu connais

tout ce qui t'a faite

a composé ta vision du monde

tout ce que tu as construit depuis que tu as quitté tes parents tout ce que tu as désiré

tout ce que tu as subi aussi

est aujourd'hui anéanti

Les survivants Témoignent après une catastrophe,

après un accident, après « rien ».

De leur survie mais aussi de celle de l’espèce.

 

 

 

SONIA

Il y a cette plaie dans l'écorce

 

L'HOMME QUITTÉ

Respire

 

SONIA

Tu es sur ton chemin

Tu ne t'es pas absentée bien longtemps

 

L'HOMME QUITTÉ

Sonia

 

SONIA

Tu reprendras ta vie là où tu l'as laissée

 

L'HOMME QUITTÉ

Reviens-moi

L'HOMME QUITTÉ

Je t'attends

 

SONIA

cette errance

 

L'HOMME QUITTÉ

Je t'attends de toutes mes forces

 

SONIA

cette courte absence

ce moment d'égarement

 

L'HOMME QUITTÉ

Calmement

 

SONIA

Bois Il faut boire

Nous raconterons donc l’histoire d’une survivante.

 

Notre histoire.

L’histoire de la fin d’un monde.

Et de l’arrivée du prochain.

 

Survivre, c’est un mot qui parle à tout le monde.

 

De façon différente, peut-être mais tout le monde se souvient d’avoir été un jour

 

en situation de survie (affective, physique, spirituelle, …).

 

Aussi sommes-nous tous des survivants attendant d’en prendre conscience.

 

Tous les êtres vivants ont l’instinct de survie en commun.

 

C’est peut-être même leur caractéristique principale.

 

 

Les histoires de survie sont racontées par ceux qui ont repoussé

des limites.

 

Elles nous donnent des clés pour continuer à avancer pour développer

les possibilités de notre

« être humain ».

 

 

Ne pas mourir.

 

 

Ainsi suis-je parti expérimenter ces conditions de « survie »

 dans des stages encadrés par des moniteurs diplômés

puis en solitaire dans des forêts françaises.

 

J’en suis revenu avec la nécessité de partager cette expérience,

de raconter ce à quoi elle fait écho en moi.

Plus qu’un stage de survie, cette étape fut une plongée dans la vie avec la nature, un moyen de se retrouver avec une troupe autour d’un projet, d’expérimenter concrètement une situation, pour construire un spectacle à partir de l’essentiel.

Nous avons appris à apprivoiser la forêt.

Nous avons appris à y dormir, juste emmitouflés dans des feuilles et entourés des cris de bêtes.

 Nous avons appris à y manger, à trouver comment boire l’eau d’un ruisseau boueux.

Nous avons fait du feu avec deux bouts de bois.

Pendant les veillées, nous nous sommes raconté des histoires de survivants.

Une semaine dans les bois picards,

ça ancre, ça soude.

On apprend la forêt.

 

Nous n’en avons plus peur et son histoire

 devient maintenant notre histoire.

En décrivant la forêt, je raconte ce monde.