Benoit Giros

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L'IDée du nord

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Marcher sur la banquise, c’est marcher sur l’eau,

c’est aussi gravir un glacier horizontal !

 

De Montréal, Québec à Churchill, Manitoba,

4500 Km,en train, en voiture, à pied,

100 jours sur les traces de Glenn Gould, vers le Nord.

 

Par Benoit Giros, lauréat Villa Médicis Hors-les-murs 2008

Le voyage m’a révélé double.

Il y a eu d’abord ce que j’appelle l’aspect collectionneur. Une plongée dans les documents, dans les rencontres avec ses collaborateurs de travail, ses lieux de vie et d’enfance. Cette plongée m’a permis de comprendre l’oeuvre « L’idée du Nord » plus que je ne l’avais jamais comprise. Puis il y a eu une plongée en « Goulderie ». Partir sur les traces de Glenn Gould dans le Nord était une chose, mais tenter de vivre en solitude comme il le prônait en fut une autre. 5 semaines de solitude avec en tête cette phrase de Gould : « la solitude est une nécessité de l’acte créateur ». Et 5 semaines d’observation des effets de cette solitude sur moi. Cette gymnastique m’a permis de comprendre certaines paroles de L’idée du Nord plus que je ne les avais jamais comprises.

Mon expérience dans le Nord m'a considérablement enrichi. Je l'ai apprécié, je l'ai aimé, j'y ai fait des choses complètement dingues.

Le train, le film

Comment parler du voyage sans voir le film qui a été fait dans le train ? Comment parler du voyage sans entendre les sons enregistrés sur la banquise et dans le train, de la plate-forme arrière à la recherche de la meilleure position pour capturer les tata-tata-tata-tata... Comment parler de ce voyage sans pouvoir faire partager le froid qui vous saisit lorsque le vent se lève sur la baie d’Hudson. Un froid où l’on se sent si fragile. Si petit comparé à la distance qu’à parcouru ce vent avant de nous parcourir l’échine. Comment écrire la vacuité du voyage retour, quand tout a été déjà vu, croit-on. Qu’on s’ennuie pendant les dernières 10H, pensant que l’on va arriver bientôt. Bientôt est devenu un mot qui ne veut plus rien dire. Il n’y a plus de bientôt. Tout arrive trop tard. Et surtout l’idée que l’on aurait pu rester un jour de plus là-haut.

Comment dire le changement qui s’est opéré en moi lors de ce voyage? Comment décrire l’effet que cela m’a fait de monter dans ce train qui a occupé mes pensées pendant trois ans ?

 

Une idée s’est concrétisée. Une idée est devenue réalité.

L’idée s’est matérialisée. L’idée existe. Voilà !

Mon changement fut à la hauteur de cette découverte.

L’IDÉE DU NORD

de Glenn Gould

 

d’après la dramatique radio « The Idea ofNorth » réalisée par Glenn Gould en 1967,

© 2006 by Glenn Gould Estate and Canadian Broadcasting Corporation

 

Traduction :

Blandine Pélissier et Benoit Giros

 

Mise en scène :

Benoit Giros

QU’EST-CE QUE THE IDEA OF NORTH ?

Le 10 avril 1964, après un concert à Los Angeles, Glenn Gould renonce à la vie de concertiste. En 1965, à bord du Muskeg Express, il franchit les milliers de kilomètres séparant Winnipeg de Churchill, la ville la plus proche du cercle polaire arctique que l’on puisse rallier en train.

En 1967, il réalise le documentaire radiophonique THE IDEA OF NORTH qui s’inspire de ce voyage. C’est la confrontation des visions fondamentalement différentes de cinq personnes ayant vécu une expérience intime avec le grand Nord canadien, cinq personnes, interviewées séparément, que Gould réunit dans un train fictif par l’intermédiaire d’un montage « contrapuntique ».

Ce voyage vers le Nord symbolise le voyage intérieur que Gould accomplit depuis 1964. Les opinions qui s’expriment dans THE IDEA OF NORTH reflètent ses idées sur la solitude.

QU’EST LE SPECTACLE L’IDÉE DU NORD ?

L’IDÉE DU NORD est l’histoire d’un enregistrement radiophonique de la version française de THE IDEA OF NORTH.

Il y a…

… des acteurs qui viennent enregistrer une dramatique radio dans un studio qui pourrait aussi être une banquise.

… une réalisatrice qui cherche les moyens les plus adéquats pour créer sans imiter Gould et qui se transforme au fur et à mesure de son voyage vers la création.

… Un espace blanc, tout blanc, englobant les spectateurs. Il y a des micros d’où sont prononcées les paroles. Les acteurs parlent souvent en même temps. Chaque acteur incarne un

aspect de la pensée de Glenn Gould. Sur scène, ces présences dessinent une pensée en mouvement.

Il y a une boîte blanche sur laquelle est projetée le voyage vers le Nord vu d’une locomotive.

… du piano pendant l’entrée des spectateurs.

… la cabine de réalisation dans la régie du théâtre d’où la réalisatrice donne ses

consignes par micro interposé et la quitte pour venir parler directement aux acteurs.